30 juillet 2022,
Je me lève avant le réveil que j’avais mis pour être à l’heure et retirer mon vélo du magasin où il est stationné. Je le stationne devant l’auberge, bien attaché avec son cadenas et remonte prendre le petit déjeuner. A l’entrée du buffet je croise furtivement Sol qui en sort. L’estomac bien rempli je remonte à la chambre et écris sur un papier une traduction d’un haïku, initialement écrit en portugais fin 2020. Le prénom de Sol me l’a rappelé et je compte lui partager en abandonnant celui-ci sur son lit.
El sol de la luna
Pintura escondida
Colores de acuarela
Je pars ensuite me promener dans Barcelone. J’ai repéré, en effectuant des recherches, un atelier d’auto-réparation, qui semble ouvert. Je me rends à l’adresse et découvre un bel atelier, bien fourni en outils. Des chaînes terminées de crochets sont accrochées au plafond et ensemble lorsqu’elles ne soutiennent pas de bicyclettes. La femme tenant l’accueil m’explique le principe. Ils sont organisés en coopérative, elle a un contrat dans ce cadre lui permettant de toucher une rémunération pour son activité. Je pense que cela doit aussi être le cas d’Alex, le mécanicien présent pouvant aider de conseils et logistique pour trouver les outils, mais il faut tout de même être autonome (en tout cas pour aujourd’hui). Je suis venu dans cet atelier pour découvrir le lieu et entretenir mon vélo en commençant par nettoyer ma transmission qui a fini par ramasser du sable, notamment suite à l’épisode orageux de Montpellier. Les crochets me permettent de suspendre le vélo et ainsi de régler plus facilement mes vitesses qui ne passent pas toujours parfaitement bien. J’applique du frein à filet sur certaines vis qui ont tendance à se défaire et effectue un nettoyage général du cadre devenu quelque peu terreux.
Poussant jusqu’à 14h, l’horaire de fermeture, je demande si l’une des personnes présentes connaît un endroit où je pourrais garer mon vélo, notamment les parkings prévus à cet effet. Après un débat faisant ressortir plusieurs options, Alex me demande où je me situe. Il se trouve que, non loin de mon auberge de jeunesse, il a un autre atelier de vélos tenu avec un ami qui aujourd’hui a la clef. Il me propose de le rejoindre à 18h à l’adresse qu’il m’indique pour stationner mon vélo pour le restant de mon séjour.
Je profite du reste de l’après-midi pour me promener à vélo. Je tombe sur l’arc de triomphe puis me dirige vers le parc de la Cuidatella où se retrouveront le lendemain les danseurs de forro locaux (parfois aussi locos) en repérage. Je stationne mon vélo à côté de la cascade après un tour général du parc. Je monte en haut de celle-ci où se trouve un groupe de gens dansant sur de la salsa et de la bachata. J’observe le petit groupe un long moment puis me décide à inviter une partenaire pour m’essayer à la salsa sur la dernière musique qui sera jouée. Je descends ensuite de la cascade et observe un homme faisant l’équilibre, s’entraînant à tenir sur une main. Trip, très sympathique, me propose de le rejoindre. Je me prête au jeu après un petit échauffement. Je ne suis pas très loin de tenir l’équilibre sur deux mains, mais ne parviens pas encore à le tenir longtemps. Je finis par faire le poirier sur la tête pendant un long moment, alternant différentes positions des jambes, sans poser pied à terre.
Trip fini par s’en aller et je décide de faire de même. Je me rends à las ramblas qui fourmille de monde. Je m’arrête pour un jus et une glace mais ne m’attarde guère, oppressé par autant de gens. Je me mets en route vers l’atelier d’Alex. Arrivé un peu avant l’heure à l’adresse indiquée je me rafraîchis d’une bière au citron dans un bar sympathique sur une petite place à côté. Alex finit par arriver, je le retrouve dans le patio qui m’attend fumant tranquillement. Il me présente l’atelier, je pensais initialement que c’était un atelier avec une activité professionnelle, mais il s’agit plutôt d’un autre atelier participatif, fonctionnant sur le principe du don et de l’échange : apporte un outil et tu peux repartir avec des pièces d’occasion. On leur donne aussi des vélos, qu’ils soient pour pièces ou encore en état. Pour se financer, notamment pour payer le petit loyer, ils organisent des fêtes dans un espace fermé où une petite estrade en béton peut servir de scène à merveille. J’imagine que l’on doit retrouver le même genre d’ambiance, en espagnol, que dans les ateliers lyonnais de ce type. Ce lieu d’échange semble vivant, je pense qu’il doit s’y passer de beaux moments. J’apprécierais de l’observer en fonctionnement ou lors d’une fête, mais ils sont en vacances et moi de passage.
Je stationne mon vélo, puis rentre à pied à l’auberge. Après une bonne douche et un repas dans un petit bar restaurant non loin de là, je me couche et remarque un billet sur mon oreiller. Un trait d’esprit poétique en réponse au mien et étonnamment en français !
31 juillet 2022
Réveil plus tardif que d’habitude, je descends profiter du déjeuner buffet. En remontant dans la chambre, je me dis que je pourrais convier Sol au parc pour danser le forro. Je lui laisse donc un nouveau billet, avec un nouveau trait d’esprit précédant le détail du rendez-vous dansant. Je descends ensuite dans une sorte de salon de l’auberge où je passe la fin de matinée puis le reste de l’après-midi à écrire. Pendant une pause je descends au rez-de-chaussée de l’auberge et me rends aux toilettes qui sont un étage en-dessous. Je découvre une sorte de salle des coffres de banque comme on le voit dans les films lorsque le protagoniste principal retire des objets d’une banque suisse. L’espace est assez sombre, on peut stocker des affaires comme un caissier normal moyennant un euro qui nous est rendu avec le contenu du coffre. Dans le large couloir qui mène aux toilettes se trouve un âne noir, grandeur nature, dont le ventre est remplacé par un robinet actionné par pression d’un bouton au sol. L’évacuation atterrit dans un seau au niveau de la verge imposante de l’âne d’où s’écoule l’eau.
Lorsque je me lasse d’écrire, il me reste suffisamment de temps pour prendre une bonne douche et me rendre au parc à pied. Au sortir de la douche je trouve sur mon oreiller un nouveau billet : dansons. J’en conclus que Sol répondra probablement présente au parc. Arrivé à la cascade en avance, évidemment personne n’est présent. Je m’échauffe donc par des étirements et quelques positions de yoga. Un homme m’interpelle, il a vu mon t-shirt et me demande si je suis là pour danser, je lui réponds positivement, puis il se présente lui et son ami qu’il est venu initier avant la soirée. En bon brésilien, David, qui apporte la sono, n’arrive évidemment pas à 19h mais 19h30. Quelques personnes venues également danser attendent, je mets de la musique sur une petite enceinte que j’ai emmenée avec moi en prévision et nous commençons à danser. Je danse avec une Brésilienne, Camila, très sympathique, avec qui j’échangerai danse et palabres à plusieurs reprises dans la soirée.
David finit par arriver ; dans la précipitation, il a oublié son téléphone pour mettre de la musique. Je propose d’utiliser le mien le temps qu’il revienne avec ce dont il a besoin. Les gens commencent à arriver petit à petit. Je rencontre et danse avec Sonia qui m’a informé sur les événements forro de la ville, elle me demande ce que j’ai trouvé comme hébergement et s’excuse de ne pas avoir pu me proposer quelque chose, faute d’espace chez elle. Je fais aussi la connaissance, autour d’une danse, de Vanessa avec qui je partagerai l’appartement qu’elle loue à plusieurs à Valencia pour le festival. David revient, me remercie pour l’intermède et se charge de la musique pour la suite. Le grand espace au-dessus de la cascade commence à être empli de gens ; on se croirait à un festival. Il commence même à se former un public, probablement de touristes, qui s’arrêtent filmer la scène.

Je reconnais à côté de David un des DJ qui a joué au festival de Lyon en mai. J’apprends qu’il s’agit du DJ de Barcelone. J’enchaîne les danses avec de nombreuses danseuses différentes, dont une Française. Il me semble que le niveau des danseurs est bon dans l’ensemble. J’invite une grande et jeune femme aux cheveux châtains, je sens immédiatement que je vais apprécier danser avec elle, ce qui semble aussi son cas puisque nous nous inviterons plusieurs fois à danser pendant la soirée. Je danse avec une petite blonde très tonique, que je sens trop tendue, je pense lui dire mais finalement ne le fais pas. Nous danserons à nouveau ensemble plus tard, la sentant bien plus détendue, je lui fais remarquer et elle me répond que c’était sa première danse de la soirée, qui en général est, il est vrai, rarement la meilleure.
Pendant les pauses, j’échange souvent avec Camila puisque nous nous entendons bien. Je jette aussi un regard sur le public à la recherche de Sol que je ne trouve pas. Camila m’accompagne à une fontaine étancher notre soif avant de retourner prestement sur la piste de danse. Au retour d’une autre pause à la fontaine, je croise la grande châtain qui s’en va, nous nous saluons d’un adieu puisqu’elle ne sera pas au festival de Valence. La soirée avance et David annonce que le DJ de Barcelone va mixer. Il a sorti sa platine et, assis en tailleur avec celle-ci sur les genoux, il commencer à jouer. La soirée se termine sur la seule danse en tant que suiveur avec un homme sur une version forro agréable d’une chanson de Bob Marley. Cependant celle-ci est écourtée par le sifflet de la gardienne du parc qui sonne l’heure de fermeture de celui-ci.
Je rentre à l’auberge tranquillement en profitant de ce moment pour m’enregistrer avec mon téléphone chantant la casa da floresta de Nanan que j’ai fini par apprendre entièrement.
1er Août 2022
Après un dernier petit-déjeuner buffet, je pars chercher mon vélo où il est stationné. Oriol, l’ami d’Alex doit me retrouver sur place pour m’ouvrir. Je l’attends d’un thé au bar juste à côté. J’échange un peu avec lui mais il ne semble pas avoir envie de se lancer dans une longue discussion. Il aimerait tout de même essayer le vélo, il n’en a encore jamais vu de similaire. Je sors le vélo dans la rue, le temps de récupérer la tasse de thé du bar que je n’avais pu finir avant l’arrivée d’Oriol, mon vélo se retrouve renversé par un camion passant dans la rue. J’emprunte des outils pour réajuster le guidon qui a évidemment bougé. L’atelier fermé, Oriol s’essaye sur cet étrange engin, puis je m’en vais rassembler mes affaires et charger mon vélo avant de m’en aller à l’atelier Biciclote retrouver Alex pour le saluer et bricoler un peu. Je profite de ce moment pour graisser mon pédalier et arranger les freins d’un vélo qui sera par la suite vendu, une fois défait de toutes les pièces superflues.
Je finis par m’en aller, un peu tard, me dirigeant au sud-est de Barcelone. Je peine à sortir de Barcelone. Je finis par tomber sur la véloroute que je suis et qui m’amène vers l’aéroport. Je finis par la perdre et continue sur les plages qui se trouvent le long de l’aéroport. En arrivant à la dernière, je me rends compte qu’il s’agit d’une impasse. Je dois donc faire tout le tour de l’aéroport. Je retombe sur la véloroute qui me permet effectivement de contourner l’aéroport, mais dont le tracé farfelu me fait passer littéralement devant un des terminaux de l’aéroport ! Elle me ramène ensuite vers le nord, puis je la perds à nouveau et décide de reprendre plus direction sud pour longer la côte. Je m’arrête dans un petit magasin de fruits et légumes acheter deux nectarines délicieuses et demande au vendeur de me conseiller sur un itinéraire. Il me dit que je pourrais passer par l’intérieur mais que cela sera difficile et me suggère donc de longer la côte. Le vendeur, ayant sûrement perçu mon état de fatigue, m’offre trois exemplaires d’une sorte de grosse pêche orange. Je me retrouve, au bout d’un moment, à nouveau contraint de prendre des routes très passantes n’ayant que pour autre option, qui n’en est point une, l’autoroute. Je finis par rejoindre Sitges où je cherche d’abord de l’eau puisque je n’en ai plus. Heureusement les pêches juteuses plus tôt m’ont apporté l’énergie et l’eau nécessaire pour atteindre la ville. Un homme à vélo m’indique un endroit où je peux me rafraîchir. Au point d’eau je discute avec un ancien promenant son chien qui m’indique un morceau de forêt où je pourrai dormir tranquillement.Je pars à l’endroit indiqué en repérage et constate effectivement qu’il s’agit d’une bonne option. Je repars en ville manger dans un petit restaurant. En passant le long du front de mer bordé de petite cabanes vendant toutes sortes de choses aux nombreux passants, je trouve une pelouse où stationner mon vélo pour me rincer dans la mer puis me laver à une douche du front de mer faite pour se dessaler. Repu et propre, je retourne dans ma forêt remplie de cigales endormies qui, à la lueur de la lampe de mon vélo, se réveillent d’un cri bref tout en s’envolant s’endormir ailleurs. J’installe mon hamac, écris un peu depuis celui-ci puis m’endors.

4 réponses à “Barcelone – Sitges”
J’attends la suite avec impatience.
Marraine
je connais bien sitges pour avoir séjourné à plusieurs reprises à olivella, situé à 15km, ancien lieu d’habitation de laurent, frère de muriel.
Hi 🙂 I just found the notes that you left in my bed (that I saved together with other things to remember my trip through Spain) and decided to come back to your blog.
I was there, I was waiting for you in front of the fountain, by the pergola :’)
I’m glad to know that you didn’t stand me up, and that we just didn’t run into each other lol.
Maybe there is an alternative multiverse in which we danced.
Hi, what a nice surprise discovering your comment here!
It’s been a really long time I did not come on my blog. Glad to finally discover that it was just the kind of miss that happen in a phoneless world.