Ullà – Lloret de mar


27 juillet 2022,

9h30 réveil d’une soirée bien animée, je descends récupérer mon linge qui a séché pendant la nuit. Alors que je range mes affaires dans les sacoches de mon vélo, Eben passe dehors et s’exclame « ho no » en me regardant. Je pense qu’il parle du linge que nous avions oublié hier, mais il parle en fait de mon pneu arrière qui est à nouveau à plat. Il devait avoir un trou supplémentaire que je n’ai pas remarqué en réparant la chambre à air la veille, mais pas suffisamment gros pour que je m’en aperçoive avant de rencontrer Eben. Je commence donc ma journée par réparer à nouveau la chambre à air de son dernier trou avant de la remettre dans le pneu et de tout remonter : il faut que j’aie au moins une chambre à air de rechange fonctionnelle pour la route.

Pendant ce temps Eben s’est attelé à préparer une purée de fruits broyés au mixeur pour le petit déjeuner, accompagnée du banana bread de la veille et de yaourts. Le déjeuner terminé tranquillement, Eben m’accompagne jusqu’à son camion stationné dans une grange qu’il m’a montré la veille, afin de contrôler la pression de mes pneus. Son camion est un ancien camion de pompier, l’arrière est rempli d’un nombre impressionnant d’outils très bien organisés dans lequel se trouve le compresseur du camion qui est muni de prises d’air comprimé. Il branche le compresseur sur le réseau électrique de la grange puis l’arrête une fois qu’il juge la pression suffisamment importante pour éviter de trop tirer de courant sur les fils trop minces du réseau électrique de la maison qui supportent difficilement les 2kW de puissance du compresseur.

Eben, tout fier de sa maison roulante, me fait le tour du propriétaire, il a une réserve d’eau de 60 litres, des outils de jardins, des petits panneaux solaires sur le toit, un lit deux places dans la partie avant de son camion, des espaces de rangement muraux se transformant en table de chevet, une planche qu’il peut tirer de dessous son lit pour en faire une table d’intérieur qu’il peut aussi facilement sortir et convertir en table d’extérieur. Il ajouté de nombreuses lampes à LED jaunes tout autour du camion pour obtenir une bonne visibilité de nuit. Il a acquis ce camion en Allemagne et a tout monté lui-même. Je lui demande s’il a déjà eu des soucis mécaniques. Il me répond que non et qu’il n’a eu qu’à travailler un peu sur une partie de la transmission, que j’ai oubliée, également lui-même. Il me surprend par tant d’ingéniosité, tout semble bien pensé et relativement pratique sans parler des compétences multiples qu’il faut pour réaliser tout cela : l’électricité, gérer les différents voltages et la production des panneaux, le circuit d’air comprimé qu’il a customisé, le réservoir à eau métallique soudé sur la structure du camion, les réparations effectuées sur celui-ci, l’agencement de l’espace de vie et des outils, son système de verrouillage des portes.

J’aurais bien passé plus de temps observer ce concentré d’ingéniosité, mais Sandra doit se mettre en route pour l’Escala où elle a rendez-vous pour faire un massage : elle se lance dans cette activité et tâche, d’autant plus à ses débuts, d’être à l’heure pour ne pas souffrir d’une mauvaise réputation. Eben qui l’accompagne doit donc aussi se mettre en route. Ils m’offrent avant de partir le reste de pizza de la veille ainsi que de la purée de fruits du petit-déjeuner.

Je pique une pomme et un citron dans la caisse à fruits partagés pour la route et me mets en chemin en direction de la côte. A l’approche de Callela de Palafrugel, je chute sur le flan gauche dans une piste cyclable où la roue arrière dérape sur la fine couche de sable qui la recouvre. Deux femmes s’approchent en me demandant si je suis blessé. Je leur réponds que non, heureusement je n’ai rien. Par contre mon vélo s’est retrouvé tout déréglé : la roue avant n’est plus en face du guidon qui a aussi bougé latéralement. Je commence par régler le guidon latéralement puisque cela arrive presque à chaque chute pour éviter d’abîmer le guidon. Puis je m’occupe du réglage de la roue qui lui est moins évident. Je remarque aussi quelque chose de bizarre et j’ai l’impression que mon guidon est tordu. Je finis par me rendre compte un peu plus loin après avoir roulé quelques kilomètres que le frein et le système de vitesse gauche ont simplement bougé. Je les remets en place puis repars. J’arrive à Callela de Palafrugel où je longe la côte en rejoignant un chemin piétons que m’avait indiqué Eben en me disant que l’endroit était magnifique. Il avait raison, le chemin est praticable et je rejoins un GR qui traverse la zone. Cependant le GR finit par se rétrécir et la progression devient difficile et je dois finir à pied dans des chemins ne laissant passer qu’un piéton dans un sens et jonchés de grosses pierres. La dernière pente descendante que je franchis est un peu risquée, elle est très forte, et constituée de cailloux branlants. Je rejoins un chemin plus large sans encombres, finissant par rejoindre Palamos puis Sant Antoni de Calonge où je m’arrête dans un petit restaurant en bord de mer pour me restaurer. Je profite d’une longue pause pour écrire et laisser passer le soleil.

GR de Callela de Palafrugel

Je continue mon chemin passant plusieurs villes d’un littoral très touristique. Passé Sant Feliu de Guixols, j’emprunte la route qui rejoint Tossa de Mar qui sera la difficulté du jour : cette route traverse le massif des Cadiretes laissant un littoral escarpé de calanques plus belles les unes que les autres. Malheureusement, en profiter implique les descendre puis les remonter et je n’ai ni le temps ni l’énergie pour cela. Un cycliste en vélo de route finit par me rattraper, il s’agit d’un ancien, nous discutons un peu puis il continue à son rythme l’ascension qui se termine assez vite par une descente dans laquelle je le rattrape. Finalement, vu mon rythme correct, il finit par devenir mon compagnon de route sur les 15 prochains kilomètres. Quand il apprend le poids de mon équipage il jure et me dit que je suis un champion et qu’il faut être fort pour pousser autant de poids à travers ce relief. Originaire de la région de Barcelone, il a déménagé récemment à Sant Feliu de Guixols et s’est mis au vélo de route alors qu’il n’appréciait guère ce sport avant de se retrouver dans cette région qui, en effet, offre un superbe terrain de jeu pour les cyclistes. Il m’interpelle plusieurs fois afin que j’observe certaines « cala », calanques, magnifiques.

Littoral entre Sant Feliu de Guixols et Tossa de mar

Je finis par l’abandonner à l’arrivée avant Tossa de Mar où je décide de m’arrêter pour contempler le paysage qui est magnifique. Je m’approche de ma destination et décide de passer Tossa, j’aurai l’occasion de retourner sur place avec Isabel, une amie que je rejoins à Lloret de Mar. Je parcours rapidement les derniers kilomètres me séparant de Lloret et me dirige vers la plage où se trouve Isabel. J’arrive en bout d’un front de mer bondé de touristes de tous les horizons. Avant que je n’aie le temps de chercher Isabel, je l’aperçois passant devant un marchand. Je m’approche et finis par lui barrer la route avec l’avant de mon vélo. C’est avec des yeux d’abord surpris puis remplis de joie qu’elle m’attrape dans ses bras pendant un joyeux moment de retrouvailles.

Je suis assoiffé, nous commençons par nous mettre en quête d’un lieu pour étancher ma soif. Nous nous installons dans un bar sur la plage puis nous partons en direction de l’hébergement que nous avons trouvé pour la nuit. Je laisse mon vélo, au fond du bar salon de l’hôtel puis nous montons déposer les affaires. Nous nous mettons ensuite en quête d’un restaurant, après plusieurs essais, nous finissons par en choisir un au milieu d’une impressionnante quantité d’adresses possibles. Nous avons fait un bon choix puisque globalement les tarifs ne sont pas donné par rapport à la qualité de ce peut être servis : cette ville semble habité par des touristes et des gens qui les servent. Je n’apprécie guère l’ambiance général qui se dégage de ce lieu trop exubérant, Isabel est du même avis, nous irons demain nous promener à Tossa pour s’en échapper.

Repus, nous nous dirigeons à l’autre bout de la plage où a lieu un concert sur une scène installée directement sur la plage. Nous avons droit à un vieux Catalan chantant un classique anglais, puis deux autres dont une en catalan avant la fin du concert. Nous avons tout de même eu le temps de danser sur ces rythmes très énergiques. La soirée se termine dans la mer derrière la scène où nous nous jetons à l’eau pour un bain de minuit.


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